« Les Méandres de l’Amour… »

Lorsque j’ai rencontré Kristof il y a quelques années, j’ai été fascinée par ce cuir de poisson dont il orne si merveilleusement son travail…

Il m’en avait offert quelques chutes, mais j’ai longtemps tourné autour, ne sachant comment aborder cette matière… J’ai réalisé quelques bijoux, mais peut être je savais qu’il me manquait un morceau de l’histoire pour utiliser ce cuir dans toute sa valeur … ?

Quelques années plus tard, nous nous sommes retrouvés par une soirée d’automne, avec toute l’improbabilité et l’humour de grand Hasard. Durant ces quelques heures l’embryon d’une tendre amitié prend vie et, des étoiles plein les yeux, Kristof me conte cette merveilleuse histoire qui, issue de traditions, de mémoires, de méandres et d’Amour,  prend son origine à l’extrême Est de la Sibérie, dans une nature hostile et glaciale où vivait un peuple nomade: les Nanaïs.

Longeant les méandres du fleuve Amour, où l’hiver règne durant 8 mois de l’année avec des températures pouvant atteindre -50°, les Nanaïs trouvaient principalement leurs ressources dans la pèche.

Une de leurs caractéristiques était l’utilisation de la peau de poisson qu’ils tannaient afin d’obtenir du cuir pour la confection de vêtements, de tentes et d’ustensiles divers.

Depuis la nuit des temps, à la fonte des neiges et au dégel de cet immense fleuve, la force des torrents modifie ses méandres et change les paysages, protégeant ainsi les nomades qui s’y adaptent alors que ceux qui ne connaissent pas la région ne s’y aventurent pas…

Animistes et chamanistes, les Nanaïs vivaient en étroite relation avec la nature et les esprits qui les entourent…

Et l’Amour les nourrit, les protège…

Malheureusement, avec le souffle de l’industrialisation et de certaines politiques, de nombreuses familles ont perdu leurs terres et ont été décimées…

Les « petits peuples » s’effilochent et laissent derrière eux des lambeaux de cultures et de traditions…

Descendant de la tribu de Nanaïs, Anatol Donkan est peintre et sculpteur.

Sur le chemin des mémoires de ses ancêtres, il se passionne depuis de nombreuses années  à revitaliser l’art de son peuple qui ne compte plus que quelques âmes…

Il fonde d’abord le « Amur Ethnic Art Museum » à Vladivostock, ensuite le « Amur Art Museum » à Vienne.

Plusieurs années d’études et de recherches lui ont permis de redécouvrir, entre autres, les techniques de tannage de peau de poisson, qui avaient totalement disparues, et de produire actuellement un cuir naturel de très belle qualité.

Voilà donc le morceau d’histoire qui manquait… et en prenant connaissance de sa beauté imprégnée d’impermanence, de méandres, de mémoires et d’Amour, j’ai envie maintenant de vous la raconter à mon tour…

En résonance avec un chemin intérieur, m’inspirer des méandres du fleuve Amour pour réaliser les motifs de cette nouvelle collection prends également tout son sens…

Et c’est avec plaisir que je vous invite au voyage le long des « Méandres de l’Amour… »

Merci Kristof,

Merci Donkan …